Le collectif RASED adresse une lettre ouverte et une demande d’audience
au ministre de l’Education Nationale.

Les organisations syndicales (Se-Unsa, Sgen-CFDT, Snuipp, FO, CGT Educ’action ) réunies avec les associations professionnelles (AFPEN, FNAME et FNAREN) et les associations de parents d’élèves (FCPE, PEEP) ont décidé d’adresser le 11 décembre, une lettre ouverte au ministre de l'Education Nationale, pour l'alerter sur la situation des Réseaux d'Aides Spécialisées aux Elèves en Difficulté (RASED).En effet, après la mobilisation exceptionnelle de l'an passé (250 000 signatures de la pétition « sauvons les RASED ») 1500 postes ont cependant été fermés et 1500 personnels ont été nommés sur des postes dits « surnuméraires ». Malgré la parution de la circulaire 2009-088 soulignant l’existence des RASED à l’Ecole, l'inquiétude demeure :− sur le maintien de tous les postes de réseaux d’aides, à l'occasion de la carte scolaire 2010, dans le contexte de suppression globale de 16 000 postes dans l'Education Nationale,
− sur les départs en stages de formations spécialisées: seuls 36 candidats ont été retenus pour l’aide rééducative et 119 pour l’aide pédagogique, alors qu’ils étaient 252 et 544 l’année précédente,
− sur le devenir des centres de formation ASH, et de l'ensemble des formations spécialisées et DEPS*, dans le nouveau cadre universitaire de formation des maîtres.
Sur l'ensemble de ces sujets, les organisations syndicales et les associations demandent une audience au ministre de l'Education, pour exiger que les dispositifs d'aides spécialisées aient les moyens de poursuivre leur mission pour la réussite de tous les enfants à l’Ecole.

Le 11 décembre 2009

Lettre ouverte à Luc Chatel sur les RASED 

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A voir dans ce dossier :

  1. Présentation de la réforme des RASED
  2. Compte rendu de l'entretien avec l'Inspecteur d'Académie des Yvelines sur ce sujet
  3. 8 janvier 2009 : 1500 postes sauvés ?

Présentation de la réforme des RASED

A partir du 4 novembre, les députés commencent l'examen du budget de l'enseignement scolaire pour 2009, qui prévoit 13.500 suppressions de postes (sur 800.000 enseignants au total), dont 3.000 de professeurs des écoles intervenant au sein des Réseaux d'aides spécialisées aux élèves en difficulté (dit “Rased”).

A la prochaine rentrée, au lieu d'intervenir comme aujourd'hui auprès de petits groupes d'élèves, dans plusieurs écoles d'un même quartier, en plus du maître de la classe ordinaire et pendant le temps scolaire, ces 3.000 “Rased” (sur 15.000 au total) seront réaffectés, chacun, devant une classe entière.

Le ministère de l'Education justifie cette “sédentarisation” par le fait que les enseignants ordinaires doivent depuis cette rentrée réserver aux plus en difficulté deux heures d'”aide personnalisée” hebdomadaires découlant de la suppression du samedi matin.

Les maîtres intervenant en Rased se rangent en trois catégories: les “maîtres E” (actuellement 7.650) pour aider les enfants en difficulté d'apprentissage, les maîtres “G” (3.650) pour ceux rencontrant des difficultés d'adaptation à l'école ou problèmes de comportement et les psychologues scolaires (3.700). Ils ont eu une formation supplémentaire au diplôme de professeur des écoles, aujourd'hui de 17 semaines en alternance sanctionnée par un examen, le Capa-sh.

Interrogé sur la justification pédagogique de la mesure, le ministère répond qu'il est assez difficile de calculer la plus-value des Rased. Par ailleurs, selon le directeur général de l'Enseignement scolaire, “le potentiel de compétences des Rased va être utilisé différemment”, puisque les maîtres sédentarisés seront placés “dans les écoles qui en ont le plus besoin”, afin de servir de “référents pour les autres maîtres” de l'établissement.

Selon les syndicats, d'ici 3 ans, l'ensemble des postes Rased seront “sédentarisés”. “Personne n'a jamais dit comment les choses se feront à échéance 2010″, répond le ministère.

Sur ce sujet, la position développée par le Recteur de Versailles lors d’un entretien récent avec la peep a été la suivante : Les RASED ont constitué, à un moment donné, une solution expérimentée pour aider les élèves en difficulté, sans pour autant influer sur le bilan des 10 à 15 % d’élèves pour lesquels les difficultés perdurent. L’aide individualisée représente une nouvelle piste possible, afin de ne plus raisonner en termes de structures spécialisées mais de soutien au sein de chaque école.

L’objectif est donc de « rapatrier les structures extérieures dans les écoles «  afin d’aider les enseignants. En effet, le fait de traiter les difficultés dans des structures spécialisées présente le risque de perte de contact avec l’école, voire de ghettoïser ces structures. Le Recteur fait un parallèle avec la situation des enfants handicapés, scolarisés dans un premier temps dans des structures adaptées et maintenant accueillis en milieu ordinaire.

Un autre défaut de la structure extérieure est de déresponsabiliser les autres enseignants, qui en se reposant sur se sentent moins impliqués.

La réforme en cours permettra de concentrer les moyens là où sont les difficultés, tout en veillant à une meilleure formation des maîtres sur ces questions.

Les RASED ne seront pas pour autant supprimés, certains enseignants de ces structures poursuivant leurs missions, d’autres étant affectés dans les écoles (devant des classes et non pas en surplus). Cette mutation permettra enfin de maintenir un ratio P/E identique avec moins de postes.

Compte rendu de l'audience avec l'Inspecteur d'Académie sur l’avenir des RASED

Le 16 décembre 2008, M Dupont, Inspecteur d’Académie des Yvelines a reçu les syndicats enseignants et les fédérations de parents d’élèves.

Déclaration de la Peep des Yvelines

“Monsieur l'Inspecteur d'Académie,

La PEEP des Yvelines est très inquiète de la manière dont est traité le dossier des RASED. Devant l'efficience du dispositif RASED et la qualité d'accompagnement et de soutien pour les élèves qui en bénéficient, nous avons souhaité avoir un renforcement de ce dispositif et une amélioration de l'accès au RASED pour tous les élèves qui pourraient ou devraient en bénéficier. Or en réponse à cette demande, nous entendons et voyons se décider des réductions ou des réorganisations aides pour ceux qui en ont le plus besoin. Ce sont les élèves en difficulté qui vont faire les frais de cette réduction du dispositif RASED. Les besoins en soutien de type RASED demeurent et les enfants attendent la communauté éducative à ce rendez-vous face à leurs difficultés.  Ce projet de suppression nous parait dangereux et porteur de régression pour les élèves particulièrement en difficulté. Face à la situation que nous connaissons et que nous voyons se développer autour du RASED, la PEEP du 78 souhaite que soit mieux appréciés les besoins en RASED, et que le souci de gestion qui manifestement guide ce projet de réduction des RASED soit revu et réorienté en tenant compte avec plus d'objectivité du travail et des progrès réalisés, sans sacrifier l'avenir des enfants en difficulté et de leurs familles. La PEEP du 78 soutiendra et apportera sa contribution autant que possible, à la poursuite de la réduction des difficultés des élèves et au soutien de ceux qui les assistent.”

En réponse aux différentes interventions des participants, l'Inspecteur d'Académie a rappelé que :

1 - nous étions déjà dans la mise en place d'une nouvelle architecture du système éducatif de grande envergure. La préoccupation de répondre aux besoins des classes sociales défavorisées était toujours une priorité forte et des moyens ont été mis en œuvre pour cela. Dans le 78, les difficultés se concentrent sur 3 secteurs géographiques : Trappes, les Mureaux et Mantes. Des moyens ont été mis en place et seront maintenus dans ces secteurs défavorisés.

2 - le budget de l'EN, en réduction comme celui de l'Etat, prévoit 3000 postes de RASED en moins, soit entre 50 et 80 environ pour les Yvelines. Les RASED seront maintenus dans les ZEP et dans les secteurs classés “Ambition Réussite”. Les maîtres spécialisés (E et G) ainsi que les psychologues scolaires seront maintenus.
3 - les maîtres intervenants en RASED seront sédentarisés en fonction de la sociologie scolaire. La mobilisation et le développement des compétences de ces maîtres seront sollicités et mis en œuvre selon de nouveaux dispositifs à établir et organiser.

L'IA rappelle que cette réorganisation des RASED résulte aussi de la mise en place des 2 heures de soutien, et que l’implantation géographique des RASED doit donc aussi être revue. Dans ces évolutions l'IA déclare que les 2 principes suivants seront toujours mis en avant : le respect des personnes (du RASED); et la conservation et la mise en œuvre des compétences de ces personnels.

Dans le cadre des débats qui ont suivi, la PEEP a fait valoir que ces considérations technocratiques semblaient décalées par rapport aux difficultés des élèves qui demeurent et ne changent ni géographiquement ni sociologiquement.

Les différents points évoqués par les autres participants ont porté sur :

  • les risques nouveaux et réels face à l'exercice de l'aide spécialisé hors des réseaux au profit de la sédentarisation, avec la perte de la souplesse et de la pluridisciplinarité dont il bénéficie aujourd'hui ;
  • les difficultés que les maîtres spécialisés auront en tenant des classes sédentaires et en se fondant progressivement dans le lot des classes tout court ;
  • les difficultés qu'auront les maîtres “ordinaires” qui seront mis plus à contribution pour prendre en charge les élèves en difficulté de leur classe, qu'avec le réseau.

Face à ces dangers, l'IA a rappelé le rôle fondamental des parents, leur responsabilité éducative et le droit qu'ils ont à être informés.

Les participants ont renouvelé leurs inquiétudes et leur souhait que ce projet de réduction des RASED soit réexaminé. Ils ont exprimé leur volonté de travailler avec l'EN si toutefois leur contribution était sollicitée.

La PEEP a en particulier insisté sur le souhait que l'IA relaie jusqu'au ministère l'inquiétude et la préoccupation des parents.

8 janvier 2009 : 1500 postes sauvés ?

Selon les syndicats d’enseignants, le ministère aurait « lâché du lest » sur la question des enseignants en Rased en ramenant de 3.000 à 1.500 le nombre des postes supprimés en 2009. Le budget 2009 tel qu'il a été voté en décembre prévoit de “sédentariser” (confier un enseignement ordinaire devant une classe entière, à l'année) 3.000 enseignants en “Rased”, ce qui équivaut à la suppression de 3.000 postes. Il semblerait que pour 1500 d’entre eux, l’implantation ne se fasse pas devant une classe, mais dans une école en surnuméraire, ce qui leur permettrait de conserver leurs missions d'enseignants spécialisés auprès des élèves en difficulté.

 

DOSSIER A SUIVRE